Michèle ZEDDE

Michèle ZEDDE

Après mes études de chinois et une longue expérience de libraire spécialiste de la Chine à la librairie Le Phénix, je me consacre désormais à mes activités de conférencière sinologue, et de conteuse, principalement pour le compte d'agences de voyages culturels.

Mes conférences portent sur des sujets variés de la culture chinoise : histoire, beaux-arts, religions, vie quotidienne, art de vivre, etc., que je complète par des lectures choisies de littérature chinoise. Et lorsque le moment ou le lieu s'y prête, je prends plaisir à conter des histoires issues de la tradition orale.

Présentation

 Christine Leang est une jeune historienne qui vit actuellement à Shanghai et qui a publié en 2013 un ouvrage fort intéressant sur les parcours de trente-six « destinées françaises dans l'Empire du Milieu ». Sous forme de synthèses réussies l'auteur nous parle de ces personnalités attachantes, célèbres pour certaines ( Pierre Teilhard de Chardin, Georges Soulié de Morant, Victor Segalen, Alexandra David-Néel ), moins connues pour d'autres ( Elise Rieuf, Claude Rivière, Auguste Boppe ), mais qui ont mérité son attention.

 

Toutes ces personnalités se sont révélées d'excellents ambassadeurs des échanges culturels entre nos deux pays. Elles furent surtout animées par une passion sincère pour la Chine et sa civilisation. On apprend que la plupart d'entre elles ont fait preuve de comportements altruistes envers la population, en particulier pendant les guerres civiles qui ont rongé le pays au 19e siècle et au 20e siècle.

A travers les destinées de ces Français en Chine, apparaissent en filigrane les tumultes politiques que subit la Chine en particulier si l'on considère la période qui va de la deuxième moitié du 19e siècle à 1949, période historique encore trop mal connue en France.

 

Enfin le livre est d'une lecture fort agréable et je ne suis pas étonnée que l'ouvrage ait reçu un excellent accueil à Shanghai. En effet « Embarquement pour la Chine » fut dès sa sortie le best-seller de la librairie française L'Arbre du voyageur.

 

Le point de vue de l'éditeur Pacifica :

Monseigneur Favier, Auguste Boppe, le Consul Béchamp, Edith Mankiewicz, le Docteur Bussière, Roderick Egal, George Soulié de Morant… Des noms qui sont tombés dans l'oubli. Tous, pourtant, ont eu une histoire exceptionnelle. Ils ont foulé de leurs pieds la terre de Chine, à une époque où celle-ci n'était accessible qu'après des mois d'une longue traversée en bateau. Certains de ces personnages se sont même croisés ; d'autres ont fait face à leurs homologues locaux, parfois des hôtes, parfois des ennemis. De ce passage en Chine, tous en ont vu leur destin profondément transformés.
Des premiers missionnaires jésuites aux derniers diplomates, en passant par ces hommes qui ont bâti les concessions françaises, et ceux et celles qui sont allés chercher l'exil dans cette contrée lointaine, Embarquement pour la Chine nous invite à un voyage au cœur de l'Empire du Milieu, à travers les histoires et les destinées de ces Français qui ont découvert la Chine entre les années 1740 et 1950.

 

Embarquement pour la Chine : Histoires et destinées françaises dans l'Empire du Milieu, de Christine Leang. Editions Pacifica, 2013

 

 

 
 
Une promenade dans un parc public en Chine nous plonge dans une atmosphère délicieuse et inoubliable, à condition de se lever tôt. 
 
 
 
 
C'est en effet tôt dans la matinée (les parcs et les jardins publics ouvrent généralement à 6 h), que le citadin attentif à sa santé, va « réveiller » son corps en pratiquant l'activité de son choix. Il peut s'agir de mouvements de qigong ou de taijiquan, d'une simplicité apparente mais efficace pour la santé si l'on respecte les règles consistant par exemple à maintenir une bonne position du corps, sans tension, une respiration douce et continue, etc. Il peut s'agir d'exécuter des enchaînements d'arts martiaux, avec ou sans armes telles que le bâton, le sabre, l'éventail.
 
 
On peut aussi préférer  pratiquer une danse latino-américaine. Tout ce qui consiste à apprendre à bouger son corps dans les règles de l'art sera considéré comme bénéfique pour la santé physique et mentale. 
 
 
 
 
Le chant fait aussi partie des arts de la santé, car il nécessite de bien respirer et faire circuler correctement le souffle (le qi) dans le corps. On pratiquera des chants issus des opéras locaux traditionnels, en solo ou petites formations, ou bien des chants révolutionnaires dans une chorale. 
 
Les musiciens amateurs sont aussi les bienvenus. On  peut s'exercer à toutes sortes d'instrument, ce qui donne lieu très souvent à une cacophonie bon enfant. Car dans un parc chinois, l'espace est rendu convivial et tout se passe dans une bonne humeur générale.
 
 
Si la gymnastique et le chant y sont largement pratiqués, en solo ou en groupe, d'autres activités comme les jeux   d'adresse (jeu du volant chinois, que l'on envoie et que l'on récupère par le talon ; lancers de diabolos ; maniement de cerfs-volants, etc.), ou bien plus statiques, les jeux de cartes, contribuent à l'animation du parc fréquenté par toutes les générations. Cependant les habitués les plus nombreux sont incontestablement les retraités qui y retrouvent leurs amis, leurs voisins et y passent une bonne partie de la matinée. 
 
 
Entre 2 enchaînements de gymnastique, ils marquent une pause en buvant le thé ou l'eau chaude qu'ils ont apportés dans leur thermos individuels. Certains parcs comme le parc Fuxing de Shanghai  ont aménagés une maison de thé en plein air. 
 
 
Les plus âgés apportent avec eux leur oiseau favori en cage, qu'ils accrochent à la branche d'un arbre et profitent ainsi du chant mélodieux de l'oiseau tout heureux de se retrouver « à l'extérieur ». 
 
 
En réalité toutes ces pratiques ne se déroulent pas obligatoirement dans un parc. Un tout autre espace  comme un trottoir suffisamment large, une place publique peuvent être investis en matinée, ou à la tombée de la nuit, lorsque la circulation se fait moins dense. 
 
A savoir :
Le premier parc public de Chine ouvrit en 1868 à Shanghai dans la concession internationale. Il s'agissait d'un parc de conception européenne, sur l'actuel emplacement du parc Huangpu. 
Quant aux anciens jardins impériaux chinois, ils furent ouverts au public des décennies plus tard, sous la République, comme le Palais d'été à Pékin, en 1924. 
 
 
Texte de Michèle Zedde
Photographies : © Martine Lambillote ; © Marylène Auxepaules
Tous droits réservés